sale au part

Alors autant on voit souvent “salaud” mal orthographié “salop”, autant là… on sent comme une volonté de bien écrire, une certaine logique derrière… mais laquelle ?

Vous connaissez Pinterest, hein ? Le site qui existe depuis 2 ans et qui a été découvert il y a 6 mois par la presse, les marketeux et les créatifs (enfin les mecs qui bossent en agence de pub, quoi). Le site qui effraie les photographes qui ont peur de se faire piquer leurs oeuvres, alors que Tumblr fait 40 fois pire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Le site où tout est rose poudre, où tous les intérieurs sont merveilleusement romantico-vintage-campagnards et vachement bien rangés, et où on apprend à se faire une natte (si, si, matez le nombres de tutos de coiffure). Le site où une nana poste une photo de hamster nain avec la légende “Baby owl”, et où des dizaines d’abruti(e)s le reprennent avec la même légende, sans se dire, “tiens c’est quand même bizarre un oiseau avec des petites pattes devant”…

Bref, Pinterest.

Un des termes que j’ai beaucoup rencontré dessus, c’est “Inspirational”. Au départ, c’était des posters avec des maximes du type “No pain no gain”, ou La famille c’est trop beau, prends en soin, Sois créatif du matin au soir. OK. Ou alors le terme était utilisé pour des mood boards, en vue d’une re-décoration de salon, d’un mariage (on se marie beaucoup sur Pinterest), d’un anniversaire. Ok bis. Ça me paraissait en accord avec le principe du site. Et puis… j’ai vu le terme enfler, s’appliquer à tout, n’importe quelle image devenait “inspirante”. J’ai aussi vu le terme ailleurs que sur Pinterest, sur les blogs notamment, avec des posts d'”inspirations”. En même temps si on regarde la définition du mot, c’est tout à fait ça, en fait :

inspirer (…)
Faire naître dans le cœur, dans l’esprit, quelque mouvement, quelque dessein, quelque pensée.

On regarde et on collectionne de jolies images et ça donne des idées, provoque des sentiments.

Sauf que l’impression que j’ai, c’est que le terme “inspirant” est en train de perdre son sens premier et qu’il est souvent utilisé à tort et à travers. C’est en train de devenir un terme générique, vide de sens. On ne dit plus d’une photo qu’elle est belle, elle devient inspirante. On ne dit plus d’une maxime qu’elle est vraie ou pleine de bon sens, elle est inspirante. Quand on voit une photo de Marilyn Monroe avec une citation “ce n’est pas grave si tu ne fais pas une taille 0, c’est la société qui est méchante, bouh” (je caricature, hein), on ne se dit pas “eh, mais ça serait pas de la grosse connerie, quand même”, on dit… “c’est inspirant”.

Au final, j’aimerais bien savoir ce que ça inspire, tout ça, parce que là c’est comme une note attractive sans la résolution, … il manque un truc (du sens ?).

Et puis ajoutons tout de même que c’est toujours le même genre de chose qui est inspirant, bien sûr… du vintage, des jeunes filles en fleur aux longues nattes qui regardent rêveusement le champ de fleurs dans lequel elles sont plantées, des phrases toujours positives (ah oui, motivantes… un autre terme très populaire), jamais des phrases ironiques ou des meme bien débiles, des paysages en ruines ou des objets design… Étrange, hein ?

Je daube, je daube, mais Pinterest reste un site vraiment très pratique quand on a une mémoire plutôt visuelle. Et puis c’est plein de jolis trucs. Tous du même style, certes, mais jolis.

 

C’est seulement ce mot qui me hérisse le poil.

Dans la série “Tout fout le camp ma bonne dame”, je vois depuis quelques années déjà un mythe s’effondrer.

J’ai toujours imaginé les journalistes comme des utilisateurs aguerris de la langue française, tout comme les scientifiques avec les maths. Et autant cela me paraissait vérifiable il y a quelques années (ok, un bon paquet, on va dire), autant maintenant je grince régulièrement des dents en lisant certains articles, soit dans la presse “pas sérieuse” (hors journaux d’information, pour faire simple) soit sur le web sur les sites dits de divertissement (presse people online, entre autres). Et tout ça pour une faute en particulier, que je vois trop régulièrement, et qui me donne des envies de meurtres car elle concerne deux mots tellement simples…

 

Alors bien sûr, le français est une langue ardue, bourrée de règles et d’exceptions aux règles; bien sûr, il arrive à tout le monde – moi y compris – d’égratigner un mot ou un participe passé par inattention, fatigue, faute de frappe, flemme, etc.; mais diantre, s’il vous plaît, que Diable, arrêtez, que dis-je, empêchez-vous, journalistes ou pigistes, de faire cette simple mais ô combien immonde faute :

Tache, comme une trace, comme dans “Mais enfin, Bill, qu’est-ce que c’est que cette tache laiteuse sur ma robe bleue ?”, ça s’écrit SANS ACCENT CIRCONFLEXE.

Tâche, comme travail, responsabilité, processus, comme “tâche d’écrire correctement, vu ton métier, espèce de tache”, ça s’écrit, en revanche, AVEC UN ACCENT CIRCONFLEXE.

Putain. C’est pas compliqué, quand même. Ce serait sur “hexakosioihexekontahexaphobie” encore, je dis pas, mais là… un mot de 5 lettres, quoi…

Et pendant qu’on y est, arrêtez aussi d’utiliser “dévasté” à la place d'”anéanti” dans les news people. On sent trop la traduction facile du dernier article du Daily Mail ou du National Enquirer. “Machin a trompé Machine, Machine est dévastée”. Non non non. “Le pays a été dévasté par une tempête”, mais “ta femme est anéantie de t’avoir chopé avec la baby-sitter”. Pas compliqué non plus. Bordel.

EDIT : Tiens, justement :

La prochaine fois, je vous parlerai des jeunes femmes qui disent des gros mots.
Si si.