Cette semaine, à l’occasion du départ de M., j’ai enchainé les pots. Un par soir. Overdose de gens, de bruit, de conversations dont je ne vois pas trop l’intérêt. Hier soir on est restés ensemble jusqu’à 4h, les 3 mecs étaient en train de faire mumuse sur Tinder, j’ai donc découvert que ce truc n’était en fait pas une appli de rencontres culs gay mais encore une merde sociale où on valide ou on jette les gens en 2 secondes selon leurs photos de profil. Je n’y arrive pas. J’ai de grosses tendances misanthropes, mais quelque chose me gêne dans tout ça. Je rejette le principe de se dire que les relations humaines, superficielles ou pas, ne sont qu’un jeu.

En parlant de relations humaines, je pense avoir touché le fond avec M.
Je lui ai balancé en 2h ce qu’on dit à quelqu’un qu’on apprend à connaître en six mois. J’ai compacté tout le processus naturel en une logorrhée alcoolisée uniquement dans le but de me soulager et ne pas avoir ce sentiment désagréable d’inachevé, de ‘pas eu le temps’, de mauvais timing.
À la place, maintenant, j’ai un petit arrière-goût d’indécence et de raté personnel. J’ai l’impression d’être à la fin du collège en juin ou en colonie de vacances avant le départ, quand on fait de grandes déclarations d’amitiés tout en sentant que ça ne sert à rien, parce que le temps et la distance font toujours super bien leur taf.

Et je ne sais toujours pas ce qu’il pense de moi.

Trois plombes que je n’ai pas écrit ici. Pas le temps, pas l’énergie, pas envie de raconter des trucs. C’est cyclique.
Pas sûre que ce soit revenu, d’ailleurs.

Si je résume ces derniers mois :
Côté boulot : Toujours la même boîte, avec pas mal de changements internes. Du très mauvais l’année dernière puis récemment des trucs qui ont l’air cool. On verra, mais en tout cas pour l’instant c’est pas trop mal. C’est très étrange, d’ailleurs, comme sensation, ça faisait bien longtemps.
Je m’occupe de juniors aussi. Intéressant. Je me découvre une capacité à prendre sur moi assez phénoménale. Et je constate aussi que commencer son après-midi de taf à 17h parce que je n’ai pas eu le temps avant, c’est hard.

Côté finances : mon karma est en mode “t’auras plus jamais de quoi faire d’économies”. La faute à moi d’abord, qui sans m’acheter de livres ni de fringues ni de voyages n’arrive pas à me serrer assez la ceinture pour mettre de côté ou au moins pour ne pas être à découvert. Puis les impôts, des frais médicaux à venir, des charges. Allez, c’est comme tout, un jour j’aurai à nouveau de la thune. En attendant je me suis assise sur mon amour-propre et j’appelle ma mère au secours pour qu’elle m’aide financièrement sur les gros trucs. J’aurais résisté 35 ans.

Côté gens : je me sens assez très seule au boulot, la faute aux départs en cascade, surtout celui de L. qui était “mon ami de tous les jours”. Je n’en ai pas retrouvé d’autre depuis (et ça fait un an, à peu près, qu’il est parti).
Enfin si, il y a M., avec qui il y a zeu connection, mais M. s’en va dans 15 jours, alors… Et puis lui n’est pas un ami-de-tous-les-jours, c’est autre chose. On se balance des vacheries à la gueule à chaque fois qu’on se croise, et parfois il nous arrive d’avoir de vraies conversations, intéressantes avec, je pense, une même manière de voir les choses. Il est une version un chouilla plus hardcore de N. mixé avec moi-même il y a quelques années. Grosse sensibilité cachée sous une bonne couche bien épaisse d’agressivité pour éloigner tout le monde. Son départ prochain me frustre énormément, même professionnellement (parce qu’il est bon dans son taf et qu’il pourrait m’apprendre des trucs) et comme je suis ce que je suis (et lui ce qu’il est), je me vois mal lui dire tout le bien que je pense de lui avant son départ. Tant pis. Faut bien se louper, dans la vie.
(Ou alors faudrait que je sois bourrée. Toujours plus facile de parler dans ces moments-là. Sauf que je ne bois pas souvent, et encore moins avec lui. Chiottes.)

Et pour les autres (au taf), je suis tellement dans un mode “je ressemble à rien, je suis con, je suis incapable”, que ça me paraît tout à fait logique de ne me lier à personne. WOOHOO JE VAIS SUPER BIEN !!

Côté loisirs : pas de photo depuis un moment, je dessine à la place. Je n’ai plus l’espèce de feu sacré qui me faisait essayer, re-essayer, et re-re-essayer pour progresser. Il faut que j’apprenne à passer au dessus de ma frustration et donc faire des dessins que je considère automatiquement comme moche. Sans arracher les pages. Retour de la musique aussi, mais avec le taf et le peu de temps disponible que j’ai, je n’ai pas réussi à vraiment me remettre assez dedans. Ça va finir dans le mur, c’t’histoire.
Et si, dans les trucs biens. J’ai vu Dragons 2. C’EST BIEN, DRAGONS 2, MANGEZ-EN !!

Petite scène du taf, quelqu’un qui n’a pas vu Blade Runner, 2-3 remarques qui fusent, comme si ne pas avoir vu ce flm était un crime passible de mépris et de mise au ban de la société. Ce genre de truc me soule.
Au final, si tout le monde a les mêmes références, quel est l’interêt ? Tout le monde est formaté sur le même modèle. Non, le plus chiant, c’est cette sorte d’obligation d’avoir telle ou telle culture. Si encore c’était pris avec légèreté…

Pour fêter ça, voilà ce que je viens de croiser au détour d’un commentaire Yahoo!…

candira tons

Ma voisine de bureau est très souvent absente. Trop. Parfois c’est parce qu’elle a la gueule de bois, ou parce qu’elle s’est mise dans une situation de merde toute seule comme une grande.

Là elle s’est faite arrêter 15 jours pour cause de énième largage / refus de baiser de la part du mec derrière lequel elle court depuis 2 ans.

Je comprends que certains évènements de la vie soient difficiles à encaisser, la douleur sentimentale c’est assez affreux, mais si j’avais dû m’arrêter à chaque crise d’angoisse, peine de cœur ou coup de fatigue… je n’aurais pas beaucoup bossé ces dernières années.

Faudra qu’elle me file les coordonnées de son médecin, tiens.

04/06/2013 En vrac 1 commentaire

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